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Libérer le pouvoir de l'intelligence émotionnelle

Lors de notre dernier sondage Executive Horizons, 40 % des répondants considéraient l’intelligence émotionnelle comme une compétence essentielle à un leadership efficace : sur une échelle de 1 (inutile) à 10 (cruciale), elle atteint la note maximale. Mais qu’est-ce que l’intelligence émotionnelle et en quoi aide-t-elle les dirigeants à s’améliorer ?

 

DÉFINIR L’INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

Pour faire simple, l’intelligence émotionnelle est la capacité à reconnaître et gérer ses propres émotions ainsi que celles des autres. Nous connaissons tous des personnes dotées de ce talent : ce sont souvent celles qui semblent évoluer sans effort au sommet des hiérarchies d’entreprise, et qui gèrent facilement leurs relations avec les autres. Ces individus sont d’une compagnie agréable car ils savent faire en sorte que les autres se sentent bien.

Il est cependant surprenant de constater que les personnes qui ont une grande intelligence émotionnelle ne sont pas forcément celles qui ont le QI le plus élevé. Si ce dernier reste le même toute notre vie, l’intelligence émotionnelle, elle, peut augmenter avec le temps. Comme le QI, la personnalité reste elle aussi quasi constante. « Notre personnalité est le résultat de préférences très ancrées, comme la tendance à l’introversion ou à l’extraversion », dit-on chez TalentSmart, entreprise de consulting et de formation qui fournit des tests en intelligence émotionnelle.

 

DIRIGER AVEC INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE

Quelles sont alors les spécificités qui se rattachent à l’intelligence émotionnelle ?

Selon Mind Tools, une plateforme de développement de carrière, « les personnes émotionnellement intelligentes reconnaissent leurs forces et leurs faiblesses, et savent comment s’améliorer. Elles ont un excellent contrôle de leurs émotions et n’agissent jamais de manière impulsive ; elles sont motivées, productives, et capables de se mettre à la place des autres. Enfin, elles savent travailler en équipe et mettre les autres en valeur ».

Les personnes dotées d'une grande intelligence émotionnelle savent rester humbles et mettre en avant les réussites des autres. Elles seraient aussi plus susceptibles de s’excuser directement et auraient moins peur de reconnaître leurs erreurs.

C’est par exemple le cas d’Alan Mulally, PDG de Ford. Selon un article du Huffington Post, il adresse des mots manuscrits à ses employés pour les féliciter de leur travail. On dit de lui que c’est un bon orateur, et qu’il sait faire en sorte que son interlocuteur se sente au centre de la conversation.

85 % des répondants au sondage Executive Horizons affirment que l’intelligence émotionnelle aide les dirigeants à gérer et motiver leurs équipes. De façon générale, cette qualité leur permet de mieux résoudre les problèmes, de prendre de meilleures décisions et de gérer plus efficacement les conflits et le changement. 

Les recherches ont prouvé que les entreprises qui engagent des employés sur la base de leur intelligence émotionnelle réussissent mieux que les autres. Une grande entreprise de cosmétiques a ainsi choisi de sélectionner des candidats sur cette base plutôt que sur leur niveau de QI. Ceux engagés pour leur intelligence émotionnelle ont vendu en moyenne 91 000 dollars de plus que les employés issus du système de recrutement précédent. Ces études ont également permis d’observer moins de turnover parmi ces employés.

Un autre dirigeant connu pour sa grande intelligence émotionnelle est le PDG de JP Morgan Chase, Jamie Dimon. Il explique :

"Vous savez tous ce que sont le QI et le QE. Même si votre QI est assez élevé pour vous garantir la réussite, c’est souvent sur le QE (l’intelligence émotionnelle) que l’on constate des lacunes. Beaucoup de compétences de management découlent de l’intelligence émotionnelle car bien manager, c’est comprendre le fonctionnement des personnes."