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Il n'est Jamais Trop Tard Pour Entreprendre

D’après les recherches du Professeur Etienne Krieger, Directeur Scientifique du pôle Entrepreneuriat de HEC Paris, l’âge moyen des créateurs d'entreprise serait de 38 ans. En quoi 38 ans représente l’âge idéal pour réinventer votre carrière ? Se lancer plus tard dans l'entrepreneuriat en vaut-il la peine ?

 

EN QUOI 38 ANS EST-IL L'ÂGE IDÉAL POUR FONDER UNE STARTUP ?

Selon le professeur Krieger, lorsque vous travaillez pour une organisation, il est difficile d'introduire des idées nouvelles et de les voir pleinement se réaliser. Par conséquent, le désir de poursuivre une initiative personnelle peuvent s'intensifier sur la durée, surtout après avoir passé une décennie à travailler dans un domaine spécifique.

 

Pour ceux qui se lancent dans l'entrepreneuriat dans leur trentaine, l'argent est rarement la première source de motivation. Leur motivation principale tourne autour de la liberté qu'ils peuvent gagner et la priorité quant au développement personnel, ainsi qu'à la possibilité d'évoluer." — Etienne Krieger, Directeur Scientifique du pôle Entrepreneuriat de HEC Paris

 

 

Il s'agit d'une période de votre vie où vous cherchez votre « ikigai » - ou raison d'être -, c'est-à-dire la façon d'accomplir vos objectifs. En d'autres termes, vous recherchez la satisfaction en alignant passion et création dans des domaines où vous excellez et dans lesquels votre profil est recherché, tout en étant payé pour ce que vous savez faire.

 

LE JEU EN VAUT-IL LA CHANDELLE ?

Il y a toujours un risque lorsqu'on se lance dans un projet d'entrepreneuriat. À 38 ans, un fondateur de jeune entreprise doit prendre en compte plusieurs facteurs par rapport aux diplômés fraîchement sortis de l'école. « Ils ont probablement une famille, une maison et une réputation à maintenir », explique le professeur Krieger. Cependant, les grands entrepreneurs sont souvent des personnes visionnaires qui aiment prendre des risques. Et la seule façon de savoir si un risque vaut la peine d'être pris, c'est de le prendre. « Ceux qui sont intimidés par cette idée doivent garder à l'esprit que lorsque l’on ne prend pas de risques, on finit par travailler pour ceux qui en prennent », ajoute le professeur Krieger.

Vous pouvez commencer par développer les compétences nécessaires à la fondation d'entreprise au sein de l'organisation dans laquelle vous travaillez. Le professeur Krieger note qu'il est important de s'armer de compétences managériales, ainsi que de « diplomatie et de détermination. »

Il cite l'écrivain français Henry de Montherlant : « La liberté existe. Vous devez juste en payer le prix ».

Concernant l'entrepreneuriat, le prix à payer est de prendre le risque d’abandonner un poste avec une position confortable pour un environnement inconnu, mais qui donne un sens à sa carrière et offre des possibilités infinies d'épanouissement personnel.

 

COMMENT MAXIMISER SES CHANCES DE SUCCÈS ?

Dans une étude co-rédigée avec Anne-Claire Lethbridge, directrice adjointe de Livingstone RH, le professeur Krieger recommande de former une équipe incluant plusieurs profils de compétences. « Il peut être tentant de s'entourer de personnes similaires à nous. Cependant, il n'y a pas d'avantage à travailler avec des clones ou des personnes dotées d'un portefeuille de compétences et d'une personnalité semblables à la nôtre. »

La diversité est une réelle richesse pour une entreprise. Un fondateur de jeune entreprise doit être prudent quant à la compatibilité des membres de son équipe. « Il est important de prendre le temps de bien connaître tout le monde, d'échanger ses idées sur la vision du succès et d’instaurer la confiance dans l'équipe », écrivent-ils. Posez des questions difficiles dès le début afin d'éviter la catastrophe si votre vision et vos objectifs ne sont pas alignés avec ceux de votre équipe.

Préparez-vous à faire face à des problèmes, mais « si vous les envisagez de façon constructive, ils peuvent aider l'équipe à évoluer et à s'allier et propulser le succès. »

« Plutôt que l'image du chef d'orchestre », ajoutent-ils, « imaginez le leader d'un ensemble de jazz dans lequel les musiciens jouent en harmonie en montrant leur talent et en captivant le public à travers leur joie à créer quelque chose en commun ».

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Etienne Krieger

Professeur Affilié, HEC Paris